La majorité des incendies domestiques se déclarent pendant la saison de chauffe, et rarement à cause d’un appareil défectueux. Ils se déclarent à cause d’un usage : un appareil mal placé, un conduit non ramoné, un chauffage d’appoint laissé seul. Tour d’horizon — avec une règle qui a changé récemment et que beaucoup d’articles n’ont pas mise à jour.

Ramonage : la règle a changé en 2023

Un conduit encrassé, c’est du bistre : un dépôt goudronneux qui s’enflamme à haute température et brûle dans le conduit lui-même, à des températures que la maçonnerie n’est pas censée encaisser.

Le régime a été refondu par le décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023, entré en vigueur le 1er octobre 2023, désormais codifié au Code de la santé publique (articles R1331-66 et suivants). Ce qu’il faut retenir :

  • le ramonage des conduits de fumée et des tuyaux de raccordement est effectué au moins tous les douze mois ;
  • les arrêtés préfectoraux peuvent imposer plusieurs ramonages par an, dont un pendant la période de chauffe ;
  • pour les appareils collectifs, la fréquence est d’au moins tous les six mois, dont une fois pendant la période de chauffe ;
  • s’y ajoute une obligation d’entretien annuel de l’appareil lui-même.

Vous lirez souvent « deux fois par an » présenté comme la règle générale : c’est la fréquence des appareils collectifs, ou celle qu’impose votre arrêté préfectoral — pas le socle national. Le ramonage doit être un nettoyage par action mécanique directe de la paroi du conduit : une bûche de ramonage chimique ne remplace pas le hérisson.

Le vrai enjeu n’est pas l’amende, il est l’assurance : les contrats exigent très généralement le certificat de ramonage, et son absence rend la discussion après un feu de cheminée très inconfortable.

Le chauffage d’appoint : le fautif numéro un

Un radiateur soufflant posé trop près d’un rideau, un convecteur qui sert de sèche-linge, une multiprise qui alimente 2 000 W en cascade : c’est la trilogie classique. Un chauffage d’appoint électrique ne doit rien avoir à proximité immédiate, ne doit jamais servir de support, et ne doit jamais être branché sur une multiprise — uniquement en prise murale directe.

Quant aux appareils à combustion — pétrole, gaz — ils consomment l’oxygène de la pièce et produisent du monoxyde de carbone. Ils demandent une ventilation permanente, ce qui condamne l’idée même de « fermer pour garder la chaleur ».

Le détecteur de fumée : obligatoire, et souvent inutile

Chaque logement doit être équipé d’au moins un détecteur avertisseur autonome de fumée. L’obligation date de la loi du 9 mars 2010 et s’applique depuis le 8 mars 2015. Depuis la loi ALUR et le décret du 2 février 2015, le partage est clair : c’est le propriétaire qui achète et installe le détecteur, et l’occupant qui l’entretient — vérification du fonctionnement, remplacement des piles, remplacement de l’appareil si nécessaire tant qu’il occupe le logement.

L’installation est faite presque partout. Ce qui ne l’est presque jamais, c’est le reste : tester le détecteur, changer la pile, et le placer au bon endroit — dans la circulation qui dessert les chambres, pas dans la cuisine où il se déclenchera pour une poêlée et finira débranché. Un détecteur débranché est pire qu’un détecteur absent : il donne le sentiment d’être protégé.

Et si le feu part quand même ?

Un feu domestique naissant se traite dans la première minute. Un extincteur à la maison n’a rien d’excessif — encore faut-il le bon type et, surtout, savoir s’en servir avant d’en avoir besoin. Ce sont des gestes qui s’apprennent en une demi-journée, y compris pour des particuliers : voir par exemple la formation à la manipulation des extincteurs ou, selon votre secteur, une formation incendie à Carros.

Et la règle qui prime sur toutes les autres : si le feu dépasse la taille d’un carton, on n’éteint pas. On sort, on ferme la porte derrière soi, on appelle le 18.