Quand nous rangeons nos produits chimiques dans l’atelier ou le garage, nous devons impérativement porter attention aux pictogrammes qui figurent sur les emballages. Parmi les symboles de danger, le pictogramme SGH03 occupe une place particulière : il signale les substances comburantes, ces produits qui peuvent transformer une petite étincelle en incendie dévastateur. Nous allons voir ensemble ce que représente concrètement ce symbole et comment manipuler ces produits en toute sécurité.
Qu’est-ce qu’une substance comburante et pourquoi est-elle dangereuse
Une substance comburante possède la capacité d’alimenter la combustion d’autres matériaux, exactement comme l’oxygène présent dans l’air ambiant. Pour comprendre ce mécanisme, nous devons rappeler qu’un incendie nécessite la réunion de trois éléments : une source d’énergie, un matériau combustible et un agent comburant. Cette représentation classique porte le nom de triangle du feu.
Les produits marqués du pictogramme comburant SGH03 contiennent généralement une forte concentration d’oxygène dans leur formulation chimique. Nous retrouvons notamment les peroxydes, les hypochlorites, les perchlorates ou encore l’acide nitrique. Ces composés chimiques enrichissent l’atmosphère en oxygène disponible, ce qui accélère considérablement toute réaction de combustion. L’incendie se propage alors plus rapidement et avec une intensité beaucoup plus importante.
Nous devons également mentionner que certains comburants ne contiennent pas d’oxygène dans leur structure moléculaire. Les halogènes comme le fluor, le chlore, le brome et l’iode appartiennent à cette catégorie. Ces éléments chimiques réagissent vigoureusement avec de nombreuses substances et peuvent provoquer des combustions spontanées. Leur présence dans un local de stockage représente donc un danger physique majeur qu’il ne faut jamais sous-estimer.
Dans notre pratique quotidienne de bricoleur, nous manipulons plus souvent qu’on ne le pense des produits comburants : l’eau de Javel concentrée, certains déboucheurs de canalisation, des produits de traitement du bois ou encore des agents de blanchiment. Chacun de ces produits mérite notre attention et un stockage approprié, au même titre que les mélanges de carburant pour équipements motorisés.
Les règles de transport et d’identification des comburants
Le transport routier des matières dangereuses comburantes obéit à des réglementations strictes définies par l’ADR (Accord européen relatif au transport international des marchandises Dangereuses par Route). Nous distinguons deux catégories principales dans cette classification. Les matières comburantes de classe 5.1 regroupent les substances solides ou liquides qui favorisent la combustion par apport d’oxygène. Les peroxydes organiques de classe 5.2 constituent une sous-catégorie spécifique en raison de leur instabilité thermique.
Les véhicules transportant ces produits doivent afficher une signalétique spécifique, différente du pictogramme standard que nous trouvons sur les emballages domestiques. Cette distinction permet aux services de secours d’identifier immédiatement la nature du risque en cas d’accident. Nous recommandons d’ailleurs cette même rigueur dans nos ateliers personnels : une signalisation claire évite bien des accidents.
| Type de produit | Classe ADR | Exemples courants |
|---|---|---|
| Matières comburantes | 5.1 | Hypochlorite de sodium, nitrate d’ammonium |
| Peroxydes organiques | 5.2 | Peroxyde de benzoyle, peroxyde de méthyl-éthyl-cétone |
| Halogènes comburants | 5.1 | Chlore gazeux, solutions de brome |

Comment stocker correctement les substances comburantes
La première règle de prévention consiste à séparer physiquement les comburants de toutes les matières inflammables présentes dans notre atelier. Cette séparation doit être réelle : nous parlons d’armoires distinctes, idéalement dans des pièces différentes. Placer un bidon d’eau de Javel à côté d’un récipient de white-spirit ou d’essence représente un danger considérable, même si les contenants sont fermés.
Nous devons également éloigner ces produits de tout matériau combustible ordinaire : sciure de bois, chiffons, carton, papier. Une réaction chimique accidentelle pourrait transformer ces matériaux anodins en foyer d’incendie. Dans notre pratique, nous appliquons la même vigilance qu’avec les colles et mastics professionnels qui demandent aussi des conditions de stockage spécifiques.
La température de stockage mérite notre attention : nous privilégions systématiquement un local frais et bien ventilé. Les variations thermiques importantes peuvent déstabiliser certaines formulations chimiques et augmenter le risque de réaction spontanée. L’humidité doit également être contrôlée, car elle favorise la corrosion des contenants métalliques et peut modifier la composition de certains produits.
Voici nos recommandations pratiques pour un stockage sécurisé :
- Maintenir les produits comburants dans leur emballage d’origine avec l’étiquette visible
- Utiliser des bacs de rétention pour limiter les risques de propagation en cas de fuite
- Vérifier régulièrement l’état des contenants et remplacer ceux qui présentent des signes de détérioration
- Noter la date d’ouverture sur chaque flacon pour surveiller le vieillissement du produit
- Installer un extincteur adapté à proximité de la zone de stockage
La surveillance particulière des solvants peroxydables
Certains produits que nous utilisons régulièrement peuvent devenir comburants avec le temps par un processus de peroxydation. Le 1,4-dioxane illustre parfaitement ce phénomène : ce solvant inflammable réagit progressivement avec l’oxygène de l’air pour former des peroxydes extrêmement instables. Un flacon laissé plusieurs mois dans l’atelier devient alors un véritable explosif sensible aux chocs.
Nous devons impérativement dater nos flacons de solvants lors de leur première ouverture. Cette simple précaution nous permet de surveiller leur durée de conservation et d’éliminer les produits périmés avant qu’ils ne deviennent dangereux. Certains fabricants proposent des bandelettes réactives pour tester la présence de peroxydes : nous recommandons leur utilisation systématique tous les six mois sur les produits susceptibles de se peroxyder.
Cette vigilance s’applique aussi dans nos travaux de rénovation extérieure, notamment lors de l’application de traitements hydrofuges sur les façades ou de mastics de finition qui peuvent contenir des composants peroxydables. La sécurité dans nos travaux de bricolage passe par cette connaissance approfondie des produits que nous manipulons quotidiennement.
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Vérifiez votre compréhension des substances comburantes et du pictogramme SGH03














